TRAITEMENTS DE L’HEPATITE B

 

a) Interféron alpha :

La dose d’interféron habituellement utilisée dans l’hépatite B est de 5 à 10 millions d’UI, 3 fois par semaine, pendant 4 à 6 mois, en injection sous-cutanée. En l’absence de réponse après cette période, il est inutile de poursuivre le traitement. Pendant le traitement, les transaminases doivent être contrôlées tous les mois. Si le patient répond au traitement, l’ADN viral disparaît normalement après 2 à 3 mois de traitement. En même temps, les transaminases augmentent brusquement, pour se normaliser ensuite. Cette cytolyse est de bon augure et ne doit pas faire diminuer les doses d’interféron. L’arrêt de la réplication virale va suivre ce pic de transaminases, parfois plusieurs mois après l’arrêt du traitement à l’interféron.

 

b) Autres traitements médicaux :

Un nouveau médicament anti-viral est actuellement disponible, la lamivudine. Ce médicament bloque la réplication du VHB. Il a l’avantage de se prendre par la bouche et d’être très bien toléré. Malheureusement, la récidive de l’hépatite est fréquente àl’arrêt du médicament. D’autres nouveaux médicaments sont actuellement à l’étude.

 

La vaccination :

 

Heureusement, pour l’hépatite B, il existe un vaccin dont la prise s’opère de la façon suivante : 1 injection tous les mois pendant 2 mois et ensuite, après 6 mois et avant un an, la 3° injection qui termine la phase de vaccination.

 

Certaines personnes ne réagissent pas à ce vaccin mais il donne de bons résultats dans 90 à 95% cas. La vaccination est indispensable pour les groupes à risques : personnel soignant, sauveteurs, pompiers, les personnes voyageant dans des pays à risque, les toxicomanes, les prostituées, etc.

 

Il est également recommandé aux jeunes ayant une forte activité sexuelle avec des partenaires multiples.

 

En Belgique, depuis peu, le vaccin est partiellement remboursé pour les enfants de 14 à 15 ans, alors qu'auparavent, il était remboursé pour les enfants jusqu'à 12 ans. Le prix plein tourne autour des 1.200 frs par injection pour les adultes. Il est également remboursé lorsqu’il est rendu obligatoire par l’exercice d’un métier à risque. Le GAIPH a pour objectif d'obtenir la gratuité du vaccin pour tout le monde quel que soit l'âge. Une prise en charge élargie reviendra toujours moins cher à notre Sécurité Sociale que le traitement des malades et diminuerait fortement le risque de portage chronique avec tous les problèmes qu'il entraîne.

 

Conseil aux patients présentant une hépatite B chronique et à leur entourage.

Le VHB (virus de l’hépatite B) peut être transmis à partir des liquides biologiques provenant d’individus infectés, en particulier le sang et les sécrétions sexuelles (spermes, sécrétions vaginales).

Seule la prise de sang permet de dépister le VHB. La présence du VHB est démontrée par l’existence de l’antigène de surface (Ag HBs ou anciennement Ag Australia). En présence de l’Ag HBs, il peut être nécessaire de rechercher les signes de réplication virale : l’Ag HBe et l’ADN viral.

 

Mode de révélation :

a) Découverte fortuite (90%) : Il s’agit du cas le plus fréquent en raison du caractère habituellement asymptomatique de l’affection aiguë. Découverte d’une élévation des transaminases à l’occasion d’un bilan de santé, d’un examen de routine en médecine du travail ou lors d’un don de sang.

Dépistage dans des populations exposées (sujets provenant de zones d’endémie élevée, toxicomanes, détenus, pensionnaires en institutions, hémodialysés, patients atteints d’une maladie sexuellement transmissible).

 

b) Découverte suite à la présence de symptômes aspécifiques tels que : Fatigue, affaiblissement général de l’organisme. Douleurs articulaires.

 

Evolution :

Lorsqu’un patient entre en contact avec le VHB, dans la majorité des cas (90%), il ne s’en rend pas compte car l’affection est asymptomatique. Il ne développe une jaunisse que dans 10% des cas.

 

La guérison d’une hépatite aiguë due au VHB survient dans 90% des cas. La réplication virale s’arrête, l’Ag HBs disparaît et des anticorps protecteurs (ac anti-HBs) apparaissent.

Dans 10% des cas, le VHB reste présent. Si l’Ag HBs est toujours positif 6 mois (délai fixé arbitrairement par convention) après l’épisode aigu, on parle de porteur chronique du VHB.

Environ 1/3 des porteurs chroniques sont des porteurs sains du virus. Celui-ci est présent mais ne se multiplie plus et n’entraîne aucune lésion du foie. Les transaminases sont normales et il n’y a aucun risque de développer une cirrhose.

 

Environ 1/3 des porteurs chroniques ont une inflammation modérée du foie (hépatite chronique peu active) . Les risques de " dégâts " au niveau du foie sont très minimes. Enfin, le dernier 1/3 des porteurs chroniques du VHB ont des lésions sévères (hépatite chronique active ou agressive) avec le risque de développer une fibrose d’abord et ensuite 20 à 30% sur 20 ans de développer une cirrhose.

 

Seule la biopsie hépatique permet de différencier l’hépatite chronique peu active d’une hépatite active ou agressive.

 

 

L’hépatite B est une maladie universelle, posant un problème de santé considérable. L’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé, évalue à environ 350 millions le nombre actuel de porteurs du virus VHB dans le monde. Le nombre de décès consécutifs à une infection par ce virus est de 1 à 2 millions par an. De ce fait, l’OMS range le virus VHB au même titre que le virus HIV, parmi les 10 " principaux tueurs " par maladie infectieuse. Cette mortalité est surtout due aux complications de l’hépatite chronique. La prévalence varie considérablement d’une région géographique à l’autre.